Salernes, un passé céramique lointain

 

A Salernes, les arts et techniques céramiques s'appuient sur un très lointain passé de plus de 7000 ans.

Les premiers pasteurs agriculteurs, les hommes du Néolithique, ont laissé dans de nombreuses grottes et sites de plein air du terroir salernois des poteries qui sont parmi les plus anciennes, non seulement de l'hexagone mais de toute l'Europe Occidentale.

 

La présence à Salernes d'une population sédentaire voilà plus de 7000 ans a été attestée  grâce à des fouilles organisées, dans les années 1970 à 90, par Jean Courtin  (laboratoire du CNRS de Marseille) à la Baume Fontbrégoua notamment.

 

Les différentes couches préhistoriques qui totalisent plusieurs mètres d'épaisseur ont permis de suivre l'évolution des techniques de fabrication et de décoration et de préciser l'origine des matières premières.

 

Au Néolithique Ancien dit Cardial (- 5000 ans avant JC), peu de poteries semblent avoir été fabriquées sur place. Mais dès le Néolithique Moyen dit Chasséen (- 4000 ans av JC) la terre utilisée est majoritairement issue du bassin de Salernes. C'est le début d'une production locale.

 

Terra Rossa présente dans sa salle d'archéologie des fragments de céramiques retrouvés dans les fouilles de la Baume Fontbrégoua.

 

Essentiellement fonctionnelles et à usage domestique, ces premières céramiques étaient destinées à conserver, cuire et consommer des produits végétaux et autres denrées alimentaires.

 

La poterie entraîne de nombreux changements dans les habitudes alimentaires : soupes, bouillies et ragoûts font désormais partie des menus quotidiens. C'est l'origine de la vraie cuisine!

 

Ces vases préhistoriques sont de formes simples dérivées de la sphère, montés à la main sans tour. Le tour n'apparaîtra qu'à l'Age du Fer

La terre utilisée pour la poterie est l'argile rouge, elle est grasse, compacte et élastique. On en trouve partout dans le terroir salernois.


Une industrie qui a traversé les siècles

 

Si l'industrie de la céramique s'est développée au cours du 18ème siècle, les gisements d'argile du bassin de Salernes font remonter sa vocation céramique aux temps préhistoriques.

Dès le cinquième millénaire avant notre ère, les argiles du terroir ont été exploitées par les potiers et potières préhistoriques du Néolithique.

Des fouilles réalisées dans les années 1970/80 ont permis de mettre à jour des vases datant de 7000 ans et considérés comme les plus anciens d'Europe Occidentale.

 

Jusqu'au Moyen Age la production de céramiques reste essentiellement artisanale, fabriquée et vendue sur la commune.  A partir du XVIIIème siècle cet artisanat tend à se développer grâce aux  Cotte, famille de petit-propriétaires exploitants et « ménagers » de tradition.

 

C'est Jean-Joseph Cotte qui va  initier l'activité céramique de Salernes mais c'est son arrière-petit-fils Paul Cotte, né en 1825, qui va la développer.

 

Durant la seconde moitié du XIXème siècle, à cause de la concurrence étrangère, le marché de la faïence diminua fortement mais Salernes grâce à sa richesse en matières premières sut se reconvertir et créa un nouvel artisanat, tout aussi utile mais de fabrication plus simple, celui de la tomette ou malon fin. La facilité de fabrication et le peu de moyens nécessaires à la mise en place d'une fabrique sont les principaux facteurs de développement de cette petite industrie. Ainsi de 1850 à 1950 Salernes est rapidement connue et reconnue pour sa production de carreaux hexagonaux rouges.

 

Par la richesse de son terroir Salernes s'est forgée une renommée et  est vite devenue prospère: dès la seconde moitié du XIXème siècle on comptait 37 fabriques ; la construction d'une ligne de chemin de fer en 1892 permis de créer 45 fabriques en 1900. Leur nombre est monté à 53 en 1913, ces fabriques employaient alors près de 1200 ouvriers et produisaient jusqu'à soixante millions de pièces par an.

 

Par la suite, les deux Guerres Mondiales ont largement affecté la production salernoise et à partir de 1950 la tomette est en crise : les ateliers sont vétustes, les procédés de fabrication n'ont pas évolués et les marchés deviennent rares.

 

La tomette ne connaît plus les jours fastueux de la deuxième moitié du XIXème : pour faire face les fabricants doivent se renouveler et même s'industrialiser.  Une nouvelle génération de fabricants vont agir pour que le carrelage de Salernes reste un produit de référence.

 

Actuellement la céramique reste une activité majeure du canton. Avec une quinzaine de fabriques de carrelage, plusieurs poteries et des activités induites, le pôle céramique de Salernes représente un enjeu économique non négligeable